Petite  histoire  de la Boissiere

 

L’origine de Boissière viendrait du latin «buxus» - bouis, buis - qui désigne à la fois l’arbuste toujours vert, et sous des formes dérivées comme «buxea» - boisse, buisse- et «buxio» -buisson- des espèces végétales touffues et de petites tailles.

 

La Boissière était au Moyen Âge un fief de la châtellenie de Saint-Léger. Henri 1er (1010-1060) fit don du hameau à l'abbaye de Saint Magloire de Paris en 1033. Les deux hameaux de La Haute-Boissière et la Basse-Boissière  seront ultérieurement réunis dans le village de "La Boissière". Ce village a  appartenu à différentes familles dont les Gravelle (en 1218, Guillaume de Gravelle était seigneur de La Boissière, du Val Garengis, de Houx et de Mittainville), les Vaultier puis les Maillard. C'est le mariage d'une Maillard avec un Malebranche qui donna une première visibilité historique à notre village. 

 

La famille Malebranche de la Boissiere

 

La famille du  célèbre philosophe, savant,  et théologien Nicolas Malebranche, né en 1638 et  mort en 1715, devint propriétaire du village de La Boissière par le mariage, en cette même année 1715,  d'Eustache Claude de Malebranche, seigneur du Mesnil Simon, avec Catherine de Maillard, dame de La Boissière (1679-1759). Le grand père du philosophe fut maire de Mantes vers 1590 (aujourd'hui Mantes la Jolie). Son père  était titulaire d'un office de greffier au grenier à sel de Mantes depuis 1617. Suite à un heureux mariage,  il devint ensuite Trésorier Général des "cinq grosses fermes de France" ( j'ignore s'il s'agit de la version pré-révolutionnaire de la "ferme des 1000 vaches").  Le père du philosophe déménagea alors à Paris, où naquit Nicolas. Le père avait en outre acheté une propriété au Mesnil Simon, dans le canton d'Anet (Eure et Loir). Un cénotaphe (monument mortuaire ne contenant pas de sépulture) à la mémoire du célèbre théologien et philosophe a été dressé au pied de la tombe de ses parents au Mesnil Simon, près de l'église Saint Nicolas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De l'union d'Eustache Claude de Malebranche avec Catherine de Maillard naitra le chevalier Eustache Claude de Malebranche, Mousquetaire du Roi et seigneur de La Boissière (1721-1784). Ce dernier  épouse  Marie Madeleine de La Rivière (1736-1764) qui donne naissance à Marie Catherine de Malebranche de La Boissière. Celle-ci épouse le 14 Juin 1779 à La Boissière,  Claude-Jacques-Marie Le Gras, seigneur de Bercagny,  capitaine de dragons au régiment de Lorraine, chevalier de l'Ordre Royal et Militaire de Saint Louis. Marie Catherine de Malebranche meurt en couche deux ans plus tard  à la naissance de son premier fils à l'âge de 22 ans. Son décès  précède de peu le décès de son père qui meurt à Bourbonne-les-Bains en 1784, mettant fin à la branche boissièrienne de la famille Malebranche. Un service so1ennel a lieu en septembre 1784 dans l'église de la Boissière,  pour le repos de l'âme du dernier seigneur de Malebranche, de la Boissière, Mittainville et autres lieux.  En 1789, Claude-Jacques Legras de la Boissière, chevalier de Saint-Lazare, est présent aux Etats Généraux. A cette époque, le château de La Boissière existe déjà sous une forme différente de la forme actuelle (avec de nombreux bâtiments épars), sans qu'il soit possible de dater la première construction.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                    Carte de la commune de La Boissière en 1788 (cliquez sur la carte pour un plein écran).

 

On remarque que l'actuelle D80, contournant le village par le sud en direction de Faverolles, n'existait pas avant la Révolution  : la D80 suit en fait  le cours d'un ancien ruisseau  qui sortait  de terre sur la butte qui sépare la Boissière du hameau voisin de la Gâtine.  Ce ru n'existe plus mais son souvenir demeure à travers la toponymie des lieux :  "La Vallée" et "La Grande Vallée".  

Le hameau de Mauzaire s'appelait jadis Malaize. Quand au  hameau de la Gâtine, il ne figure pas sur la carte de 1788 : était-il rattaché  au terroir de Mitinvilles (sic), ou au terroir du Tartres (resic) ? Peut-être n'existait il pas encore, puisque "gâtine"  signifie "endroit marécageux", ce qui laisse à penser que ce furent les dernières terres habitées de la commune. Le bois  de la Boissière, jouxtant la Basse Boissière et la "ferme de la Boissière" (actuelle ferme de la Tremblaye, propriété avec  le château de la Tremblaye du fondateur de la multinationale  BONGRAIN ) relevait alors du domaine de la forêt de Rambouillet et appartenait donc au Roi avant la Révolution. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Les hériot, une saga familiale locale

 

La Boissière Ecole n'a gagné son apposition d' "Ecole" que le 26 Décembre 1936, à la demande des PTT et du maire de l'époque, afin d'éviter la confusion avec d'autres villages du même nom,  et  en reconnaissance de l'oeuvre sociale  du "Commandant Hériot" (Olympe Hériot pour l'état civil),  en faveur des orphelins de guerre. Ce bienfaiteur de la commune, dont la saga familiale et les réalisations architecturales restent inséparables de l'histoire du village,  créa à La Boissière en 1886,  un orphelinat militaire pour enfants de troupe dont il fit don à l'Etat français quelques années plus tard.

 

Olympe Hériot est le second fils de Claude Hériot (1802-1855), marchand de vin, et de sa femme née Virginie Bertrand. Il entre à l'école spéciale militaire de Saint-Cyr le 16 mai 1853. Nommé sous-lieutenant le 31 janvier 1855, il est promu lieutenant le 21 mai 1859, puis capitaine le 10 août 1868. Pendant la guerre de 1870, il est fait prisonnier à Strasbourg puis interné à Rastatt. 

Le 26 octobre 1875 à Ax-les-Thermes (Ariège), il épouse en premières noces Malvina Boyé. Cette première union restera sans postérité. Sa femme meurt le 8 mai 1883.

 

En 1879, à la mort de son frère aîné Auguste, fondateur des Grands Magasins du Louvre, décédé sans postérité, puis de leur mère quelques mois plus tard, il hérite de sa fortune colossale. Auguste Hériot  a servi de modèle à Émile Zola pour le personnage d’Octave Mouret, héros du roman Au Bonheur des Dames (1883). Olympe Hériot  prend alors la direction de la société, d'abord associé avec Alfred Chauchard, cofondateur, puis seul à partir de 1885. En juin 1880, il obtient sa mutation à Paris à l'état-major et démissionne de l'armée en 1881.

 

En 1883, il achète la propriété du château de La Boissière (CPA ci-dessous) à un financier qui le tenait des héritiers du chevalier  Legras mort en 1847 (l'héritage du chevalier est partagé entre ses fils, le baron Gustave Legras de La Boissière et son frère cadet Achille qui reçoit la ferme du Tremblay). Ce financier, un certain Blanchard, s'en servait pour loger temporairement sa muse, l'actrice Gabrielle Elluin, dite Melle Elluini.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La présence d'enfants dans les casernes de l'armée est avérée depuis longtemps. On appelait "enfant de troupe" tous les enfants de moins de 18 ans figurant sur les registres de l'armée de terre. La reconnaissance officielle de leur statut remonte à l'ordonnance du 1er mai 1766 qui fixait leur âge d'admission de 10 à 16 ans et en autorisait seulement un par compagnie. 

 

Vers la fin du second Empire, ému de la promiscuité dans laquelle ces enfants vivaient dans les casernes, le Maréchal Niel, s'était préoccupé de réformer cet état de choses. Un premier essai d'Ecole Militaire fut tenté à Rambouillet en 1875.

 

En 1884, le gouvernement décide la création de six écoles militaires pour les orphelins de soldats morts pour la France : Rambouillet, Saint-Hippolyte-du-Fort, Autun, BiIlom, Montreuil-sur-Mer et Les Andelys. Seuls les enfants de 13 à 18 ans sont concernés. Rien n'est prévu pour les plus jeunes. Le Commandant Hériot décide alors de faire construire à ses frais et sur ses terres un établissement susceptible de recevoir  les enfants en bas âge. Après deux ans et demi de travaux, le 4 novembre 1886,  le Général Boulanger, ministre de la Guerre et Monsieur Hériot, chef de bataillon d'infanterie en retraite, inaugurent le bâtiment ensemble et conviennent de ce qui suit. 


     "[…] Monsieur Hériot s'engage d'ores et déjà, tant pour lui que pour ses ayants droits ou héritiers, à faire don, en toute propriété au Département de la Guerre, d'un vaste établissement qu'il fera construire entièrement à ses frais, sur une partie de son domaine de la Boissière, d'une contenance de 9 hectares 60 ares. […]
     L'établissement dont il s'agit sera destiné à un orphelinat exclusivement réservé à des enfants de troupe de l'armée de terre. Il sera construit pour en recevoir 160 au moins. 
     Monsieur Hériot se réserve le droit pendant la durée de sa vie de disposer dans l'établissement de 10 places qu'il pourra accorder à des enfants de son choix. 
     Afin d'assurer le fonctionnement de l'établissement, Monsieur Hériot s'engage à prendre les mesures nécessaires pour qu'après sa mort soit versé un don de 1 million de francs qui sera employé à l'achat de rentes sur l'Etat lesquelles seront affectées exclusivement à l'entretien des enfants et du personnel de l'établissement, ainsi qu'à celui des bâtiments et du mobilier, et ce à perpétuité... 
     Les soins des enfants de 5 à 9 ans seront et resteront toujours confiés à des sœurs de Charité ou de tout autre ordre religieux reconnu (ndlr : dans les années 30, les soeurs de Saint Vincent de Paul officieront à l'Ecole). 
     Afin de perpétuer la mémoire des bienfaits de Monsieur Hériot envers l'armée, l'orphelinat prendra et conservera dans les établissements de la Guerre le nom d'Orphelinat militaire HERIOT .
    Le Ministre de la Guerre accepte au nom de l'Etat, toutes les clauses de la présente convention"

 

Sa première épouse décédée en 1883 dans des circonstances non relatées, Olympe Hériot se remarie le 24 août 1887 avec une vendeuse des Magasins du Louvre, Cyprienne Dubernet, avec qui il a déjà eu deux enfants naturels mais reconnus. De cette union naissent en tout quatre enfants, dont trois survivront jusqu'à l'âge adulte :

  • Auguste-Olympe dit Auguste II (1886-1951). Riche héritier et dandy connu pour sa brève liaison avec l'écrivaine Colette, Auguste Hériot servira de modèle au personnage principal de son célèbre roman Chéri.

  • Olympe-Charles dit Olympe II (1887-1953)

  • Virginie (1890-1932), célèbre navigatrice médaillée d'or olympique de yachting en 1928 (elle deviendra Vicomtesse François Haincque de Saint-Senoch par son mariage, voir CPA de la cérémonie sur la page "Votre évènement"). Surnommée "Madame de la Mer" par le poète Tagore, ambassadrice du yachting français, elle décèdera d'une syncope à l'arrivée d'une course à la voile

  • Jean (1897-1899), mort en bas âge

 

En 1888, les premiers signes d' "aliénation mentale" contraignent le commandant Hériot à renoncer à la direction des Grands Magasins du Louvre (note : il serait intéressant d'étudier les archives des Conseils d'Administrations des Magasins, pour connaitre la définition de l' "aliénation mentale" du point de vue des actionnaires des magasins ! ). En 1892, il se porte candidat aux élections municipales dans le le village d'Essoyes (Aube - 1500 habitants),  berceau de la famille Hériot, où il vient d'achever l'agrandissement et la rénovation du château et de ses écuries spectaculaires. Une telle générosité lui ouvre les portes de la mairie la même année. Puis il devient  conseiller général du département l'année suivante. Il démissionne de son mandat de maire en 1893, se représente et est réélu, puis démissionne à nouveau quelques semaines plus tard, et abandonne également son mandat de conseiller général en 1894.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Olympe Hériot  meurt en 1899 à La Boissière. Il laisse un testament olographe instituant sa femme comme légataire universelle, déduction faite de la part réservataire revenant à ses enfants. Il est enterré dans le cimetière du village  dans un mausolée impressionnant classé monument historique, construit par sa veuve.  Parmi les autres statues laissées en héritage par le Commandant Hériot et  sa famille, le "Monument au Commandant Olympe Hériot", marbre posthume  de 1906, est une œuvre d'Antonin Carlès (1851-1919) posée dans la cour de l'école Hériot. "Au Champ d'Honneur", statue en pierre de 1894  du même artiste,  est érigée dans le parc du château de La Boissière-École.

 

À la différence de son frère aîné, qui ne possédait à sa mort que peu de biens immobiliers, Olympe Hériot, victime de sa folie des grandeurs, fut un bâtisseur compulsif. Outre le chateau de la Boissière qu'il  fait transformer de fond en comble ainsi que son parc (orné de statues de marbre ou de bronze)  par l'architecte décorateur Georges Tersling, et le château d'Essoyes, il fera  raser la villa de son frère au Vésinet pour en construire une autre en 1882, laquelle sera démolie à nouveau en 1887 pour reconstruire une encore plus majestueuse, la villa Hériot, aussi grande que la mairie de Versailles. La villa Hériot sera détruite juste avant la première guerre mondiale. 

 

La famille Hériot s'est éteinte, faute d'héritiers, peu après la seconde guerre mondiale. Son  immense patrimoine est détenu aujourd'hui par diverses collectivités territoriales, dont le Conseil Général des Yvelines. 

 

 

Pour en savoir plus....

 

 

Une brève histoire de la famille Hériot  a été écrite par l'historienne des Yvelines Marie Huguette Hadrot, et mise en ligne sur le site de l'association AET des Anciens Enfants de Troupe (voir ci-dessous).

 

Cette association regroupe les  élèves et anciens élèves des collèges et lycées militaires, des écoles militaires préparatoires et  des anciens enfants de troupe. Comme les anciens combattants, ces anciens élèves sont de moins en moins nombreux chaque année.  Fondée en 1910, l'AET perpétue l'histoire et les valeurs de l'enseignement militaire dans les écoles militaires primaires et secondaires (écoles militaires enfantines).  Cette histoire a  particulièrement marqué la vie de notre village de la fin du XIXeme au milieu du XXeme siècle, à l'époque des grands conflits européens.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vous trouverez sur cette page spéciale, une collection de photographies de classes, de professeurs, religieuses et militaires travaillant à l'Ecole Militaire Enfantine de la Boissière  en 1933 ou 1934. Ces photographies sont tirées de  recueils de photos souvenirs achetés sur Ebay. 

 

Pour l'histoire des enfants de troupe,  les différentes  significations de ce terme depuis son officialisation par Bonaparte en 1800 , on lira ici : 

 

 

 

 

 

 

Pour une courte histoire du Château de La Boissière et de la famille Hériot, on lira le papier écrit par Mme Hadrot : 

 

 

 

 

 

Pour des photos de l'intérieur du Château et son intérêt patrimonial, voir ici :

 

 

 

 

 

 

Pour les bibliophiles, un livre richement illustré a  été consacré à "L'exceptionnelle famille Hériot" (Némont, Bar sur Aube, 2001) par un historien et conférencier, Bernard Pharisien,  originaire d'Essoyes (Aube) berceau familial de la famille Hériot. Le livre est épuisé chez l'éditeur. Il est cependant possible d'en trouver des copies sur Price Minister (photo de la couverture ci-dessous). 

 

 

Carte de la Boissière de 1788
Carte de la Boissière de 1788
Carte de la Boissière de 1788

         La Boissière en 1914, vu depuis le hameau de la Gâtine 

De nos jours on appelle "malebranchistes" les spécialistes de la philosophie et de la métaphysique de Malebranche. A l'époque ce terme désignait les disciples du philosophe, les plus connus étant les deux frères mathématiciens Bernoulli. Les malebranchistes,  parmi lesquels le propriétaire de la Grange Evasion,  sont encore nombreux parmi les  philosophes et les historiens de la philosophie. Un colloque international a eu lieu en Novembre 2015 à Paris, à l'occasion du tricentenaire de la mort du prêtre philosophe.  

                          

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                 

                  L'erreur de l'entendement est l'origine de la misère des hommes

L'ouvrage le plus célèbre du prêtre oratorien intitulé "De la recherche de la vérité. Où l’on traite de la Nature de l’Esprit de l’homme, et de l’usage qu’il en doit faire pour éviter l’erreur dans les sciences" date de 1674. Dans la première partie, consacrée aux erreurs des sens, Malebranche postule que la liberté de l'homme après le péché  est la  cause première de nos erreurs  du fait soit de la faiblesse de notre entendement soit  de la faiblesse de notre volonté. Répondant ainsi à Descartes (qu'il vénère autant qu'il méprise Aristote), Malebranche s'écarte cependant  de la doxa cartésienne en s'attachant à  démontrer  que ce sont les faux jugements et les interprétations hasardeuses basées sur nos expériences sensorielles qui nous induisent en erreur, et non, comme le pensait Descartes, nos sensations elles-mêmes. Ces erreurs de jugements nous servent, hélas, trop souvent  de principes généraux pour tirer de fausses conclusions sur la nature peccable  de l'homme. Celui qu'on a surnommé le "Platon chrétien"  tient une place très importante dans l'histoire des conceptions de la relation entre l'esprit et le corps dans la philosophie française. L'école de philosophie spiritualiste française de Maine de Biran à Louis Lavelle, n'a cessé de puiser chez Malebranche les éléments d'une réflexion approfondie sur les fondements plus ou moins erronés de nos connaissances. On lira sur le sujet l'ouvrage tiré du cours de Maurice Merleau Ponty (notes prises par Jean Deprun) à l'ENS en 1947-1948  : "L'union de l'âme et du corps chez Malebranche, Biran et Bergson", un grand classique de la philosophie de langue française.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un exemple  d'erreur universelle d'interprétation (que Malebranche ne pouvait connaitre du fait de l'insuffisant développement des sciences médicales), au sens où le philosophe entendait cette question : tous les hommes confondent d'ordinaire les signes de la  faim et les symptômes du  "coup de barre" ou malaise hypoglycémique survenant juste avant l'heure du déjeuner.  L'ignorance de la vraie faim conduit les hommes à juger que ce coup de barre est un signe annonciateur d'un besoin de nourriture. Or il est impossible à un adulte exerçant une profession intellectuelle  et s'alimentant deux ou trois fois par jour de ressentir  la faim. Lorsque nous confondons un  sentiment de creux au ventre avec la faim,  nous donnons à une expérience subjective une signification qui n'a aucun rapport avec notre état physiologique. Nous interprétons donc à tort ce que nous ressentons, et nous commettons  l'erreur dénoncée par le célèbre philosophe.

 

Ce que nous ressentons sur le coup de 11 heures du matin sous le vocable de "faim" est en réalité un malaise digestif appelé "hypoglycémie réactive" par les diabétologues (depuis que le symptôme en a été décrit au début du XXeme siècle par un clinicien américain, le Dr Seale Harris, oublié de tous les historiens de la médecine). Cette erreur de jugement est facilitée  par la constatation que ce malaise hypoglycémique s'arrête immédiatement  dès que l'on commence à manger. L'interruption de notre malaise suite à l'ingestion d'aliments nous porte à croire  que celui-ci  était la manifestation d'un appétit inassouvi  alors qu'il n'était en réalité que l'expression somatique d'un dysfonctionnement digestif. 

Les mauvaises habitudes alimentaires de l'homme civilisé, cause de l'hypoglycémie réactive, et l'ignorance de la physiologie,  sont à l'origine de notre  méprise au sujet de ce  que nous désignons à tort sous le vocable de "faim". Sauf à avoir pratiqué un jeûne prolongé, de manière volontaire ou forcée, ou à ne manger qu'un  jour sur deux comme l'illustre philosophe antique Plotin, l'immense majorité des hommes  ignore  les manifestations physiologiques de la véritable faim. 

  La famille Hériot sur les marches du château ( vers 1900) . Illustration tirée de l'ouvrage "L'exceptionnelle famille Hériot"

 Dernière cérémonie de Premières Communions à l'Ecole Militaire Enfantine Olympe Hériot en 1966 

 

Quelques acquisitions récentes de la bibliothèque de la Grange Evasion 

- La réception de Malebranche en France au XVIIIeme siècle.

  Métaphysique et épistémologie ( thèse doctorat). A. Ferraro

- Spinoza-Malebranche. A  la croisée des interprétations. R Carbone 

- Hippocrate et les hippocratismes : médecine, religion, société. J Jouanna

- Les Pères de l'Eglise face à la science médicale de leur temps.

   V Boudon-Millot B. Pouderon 

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